Soumission au Ministre des finances du gouvernement du N.-B.
Voici le point de vue de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Nouveau‑Brunswick (FTTNB) à l’égard du budget 2026-2027 du gouvernement du Nouveau‑Brunswick. La FTTNB est la plus grande centrale syndicale de la province, représentant 40 000 travailleurs et travailleuses syndiqués des secteurs publics et privés.

À notre avis, ce n’est pas le moment de réduire les services publics dont dépendent les Néo‑Brunswickois. Si le gouvernement continue d’aborder son processus budgétaire dans le but de réduire les dépenses et d’éliminer des programmes, nous continuerons d’obtenir des résultats similaires, soit des temps d’attente plus longs, un stress accru pour les travailleurs et travailleuses et des communautés qui ont l’impression qu’on leur demande d’en faire plus avec moins.
D’ailleurs, c’est le moment d’augmenter nos investissements dans les services publics, pas de les réduire. La situation économique du Nouveau‑Brunswick est solide. Le ratio de la dette nette au PIB du Nouveau‑Brunswick est inférieur à celui de la plupart des provinces canadiennes. De plus, les multiplicateurs économiques liés aux investissements publics dans les services de garde d’enfants, l’éducation et les soins de santé sont bien plus élevés que ceux liés aux réductions d’impôts. Des emplois sont créés lorsque les consommateurs ont les moyens de dépenser leur argent dans des services et des programmes locaux.
Afin de soutenir cet investissement accru dans les services publics, nous devons trouver des moyens d’augmenter nos revenus. La FTTNB n’appuie pas une augmentation de la TVH, car il s’agit d’une mesure fiscale régressive. Le gouvernement du Nouveau‑Brunswick devrait plutôt veiller à ce que les grandes sociétés rentables paient leur juste part d’impôts pour avoir le privilège d’exercer leurs activités ici et de bénéficier de nos infrastructures, de notre main-d’œuvre et de nos services publics. Cela pourrait se traduire par une surtaxe axée sur les grandes sociétés au‑delà d’un seuil de profit raisonnable, un taux d’imposition minimum pour les sociétés afin qu’elles ne puissent pas réduire leur obligation fiscale à près de zéro grâce à des déductions agressives, et un examen rigoureux des dépenses fiscales des sociétés afin de déterminer quelles mesures incitatives permettent réellement de créer des emplois stables, d’offrir des salaires décents et de réinvestir dans la province, et lesquelles ne sont que des concessions que nous continuons à renouveler par habitude.
Les travailleurs et travailleuses du Nouveau‑Brunswick peuvent accepter de payer pour des services publics de qualité, mais ils ne peuvent accepter un système dans lequel les ménages ordinaires se sentent étouffés, tandis que les sociétés très rentables sont considérées comme intouchables.
En outre, une autre idée qui permettrait de générer des revenus consiste à créer un système de cotisations patronales pour soutenir les soins de santé. Ce système serait doté d’exemptions et de seuils afin de protéger les employeurs de petites et moyennes entreprises, alors que les grandes entreprises contribueraient davantage. De nombreuses juridictions ont mis en place des taxes sur la santé pour les employeurs ou des prélèvements sur les salaires qui sont conçus pour être progressifs et prévisibles, et le Nouveau‑Brunswick devrait sérieusement considérer une approche élaborée dans la province, transparente et axée sur l’amélioration de la capacité du système de santé. Si nous voulons un personnel stable, des temps d’attente plus courts et de meilleurs résultats, nous avons besoin de revenus stables à la hauteur du défi à relever.
Quoique la FTTNB ne soit pas favorable à la réduction des services publics, nous sommes favorables à une modernisation qui libère des ressources pour les priorités de première ligne. Une occasion évidente est le télétravail et le travail hybride pour les employés du gouvernement provincial, lorsque la prestation des services le permet. En fait, une stratégie sérieuse en matière de télétravail n’est pas seulement un avantage pour les employés, c’est aussi une stratégie immobilière. Si la province réduisait les espaces loués, regroupait les bureaux dans des centres et se débarrassait des bâtiments excédentaires, ces économies réalisées pourraient être réaffectées à la santé, à l’éducation et aux capacités d’application de la loi. Il s’agit d’une façon d’être responsable sans affaiblir les services sur lesquels les gens comptent, et cela peut également faciliter le recrutement et la rétention de personnel dans un marché du travail difficile.
Les impôts fonciers nécessitent également une attention particulière. D’ailleurs, les augmentations de l’impôt foncier contribuent à accroître le coût de la vie et minent la confiance des Néo‑Brunswickois envers le gouvernement. Une révision de l’évaluation et de la fiscalité devrait mettre l’accent sur la prévisibilité et l’équité, notamment par des mesures qui protègent les ménages contre les hausses soudaines, et par une discussion sérieuse sur le rééquilibrage de la composition globale des revenus afin que les municipalités ne soient pas obligées de dépendre autant de l’impôt foncier pour assurer le fonctionnement des services locaux essentiels. La réforme du système d’imposition foncière n’est pas seulement un enjeu pour les propriétaires, c’est aussi un problème d’abordabilité et d’équité qui mérite mieux que des solutions temporaires.
Dans le but de contribuer au développement économique local, la FTTNB recommande d’investir dans une croissance inclusive axée sur les entreprises locales, en cherchant à remplacer les importations par des biens et services fabriqués au Nouveau‑Brunswick, afin de renforcer l’économie provinciale.
Je vous remercie de nous donner l’occasion de présenter notre point de vue dans le cadre du processus de consultation prébudgétaire.